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The Elusive Quest for Growth – William Easterly

Je n’en dirai pas beacoup plus que les éconoclastes sur ce livre, la note de lecture décrit très bien les enjeux du livre et son intérêt.  Le livre est très détaillé et très pédagogique, il montre bien les faiblesses des solutions miracles qu’on peut entendre à propos de l’aide au développement (notamment celle très à la mode de l’effacemment de la dette). Comme souvent la réalité est tout à la fois plus complexe mais aussi simple quand on prend du recul. Maintenant la question est de savoir si on aborde une nouvelle époque dans les relations avec les pays du tiers-monde.
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The Inner Circle – T.C. Boyle

« The Inner Circle » nous plonge dans l’univers du Professeur Kinsey (« Prok » pour les intimes) connu pour ces « rapports » sur la sexualité des américains publiés dans les 40 et 50. Bien sûr c’est un roman mais qui semble beaucoup emprunter à l’image qu’on peut avoir de Kinsey 50 ans après ses travaux. L’auteur prend le point de vue du premier assistant de Kinsey, John Milk, recruté parmi ses étudiants. Au fur et à mesure que l’étude progresse l’équipe s’agrandit mais restera très fermée. John Milk voue une dévotion sans faille à Kinsey, et ce dernier n’en demande pas moins. Si on veut pouvoir rendre compte de la diversité des comportements sexuels on doit les connaître et les vivre. Il s’en prend à l’hypocrisie de la société sur les rapports sexuels.  Kinsey a des côtés maladifs, obsédé par son projet (100 000 interviews) il ne laisse aucune place à l’hésitation. C’est logiquement qu’en plus des interviews il demande à ses assistants d’expérimenter : relations sexuelles avec lui, sa femme, avec des prostituées devant le reste de l’équipe. La femme de John Milk sera toujours le mouton noir : déterminée, indépendante, elle combat sans cesse Prok.
C’est la première fois que je lis T.C. Boyle, c’est sans doute pas son meilleur roman, mais j’avoue que j’ai dévoré ce livre. L’anglais est très accessible et la lecture très plaisante. On regrette sans doute de ne pas en connaître plus des autres membres du cercle des initiés, leurs visions du pouvoir qu’exerce Prok sur eux qui en cherchant la vérité sur la liberté sexuelle se retrouvait petit à petit prisonnier de son obsession.
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Survivant – Chuck Palahniuk

J’avais un peu peur avant de commencer ce livre de Chuck Palahniuk, peur de l’écriture un peu dure à suivre, des monologues, des délires du narrateur. Mais la réputation de l’auteur de Fight Club n’est pas volée : c’est brillant. Survivant raconte l’histoire de Tender Branson, seul adepte encore vivant de la secte Creedish. Enfant isolé du monde Tender est envoyé à l’âge de 17 ans pour servir d’homme de ménage pour couples fortunés ne sachant pas manger en société (les chapitres sur les conseils prodigués par Tender sont hilarants).  Puis la secte disparaît, tous ses membres s’étant suicidés, et Tender devient donc un survivant mais surtout une star. S’en suit le parcours d’une star religieuse avec le regard très cynique de Tender même si on découvre parfois l’enfant qui a peur de trahir certains préceptes ou la femme inaccessible Fertilité Hollis qui lui donne beaucoup de coups de pouces.
Il y a beaucoup d’humour grinçant dans ce livre. La transformation physique de Tender qui doit paraître toujours rayonnant au moyen de traitements médicamenteux à faire pâlir de jalousie une nageuse de l’ex-RDA me mettait mal à l’aise, comment peut-on survivre à cette vie ?
Le site des fans de Chuck Palahniuk est très bien fourni, pas du tout psychotique comme certains sites consacrés à Matrix. Vous pouvez même vous inscrire à un cours de littérature donné par Chuck himself !
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le danseur de Manhattan – Andrew Holleran

Andrew Holleran est un des auteurs de la culture gay américaine des années 80. Culture gay dans le sens où il décrit la communauté homosexuelle des années 70-80 de New York. Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que le style de vie des homosexuels soit aussi visible, aussi décalé qu’il a pu être ? Dans un récent article dans The New Republic Andrew Sullivan parle d’une rupture formée par l’épidémie du SIDA qui a amené les lobbies gays et lesbiens à être plus visibles. Les associations de mères et sœurs des victimes du virus ont de plus apporté un autre visage aux revendications. Sullivan pense qu’aujourd’hui ont fait de moins en moins la différence entre les jeunes couples hétérosexuels et homosexuels : mariage, adoption, égalité professionnelle…  progressivement, certains le regrettent sans doute, il y a une normalisation et on peut espérer bientôt que l’homosexualité sera une non-question.
Holleran nous fait donc revivre dans le danseur de Manhattan l’ambiance des folles de New York : les boîtes, leurs divas, leurs bons mots à travers l’histoire de Malone, jeune avocat brillant qui renonce à sa carrière pour connaître, perdre et rechercher l’amour. Bien sûr on a l’impression d’avoir déjà lu ou vu son histoire : drogue, danse et sexe mais Holleran, avec ses phrases qui n’en finissent pas, a un vrai talent pour décrire les personnages, les lieux. Les plus détachés semblent toujours les plus profonds comme Sutherland qui sera le guide de Malone, ses conseils les plus judicieux étant toujours accompagnés d’une note de dérision. Sur le coup j’ai trouvé la fin relativement triste mais on peut aussi y trouver, sous les excès, un bel hommage à l’amour.
A noter : j’ai lu la version française et la traduction de Pascal Loubet , qui est très très bonne, a sans doute contribué à la satisfaction de lire ce livre.
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Antimanuel de l'éducation sexuelle – Marcela Iacub et Pascal Maniglier

Marcela Iacub n’est pas très appréciée des féministes ce qui en fait une personne à écouter. Juriste de formation elle a déjà écrit sur la dérive du système judiciaire français des livres ardus mais aussi d’autres plus accessibles. Je n’avais lu que « Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ? », l’antimanuel de l’éducation sexuelle écrit avec Patrice Maniglier semble être une synthèse sur la vision qu’on peut avoir des relations hommes-femmes et plus largement des questions sexuelles dans notre société 30 ans après la « révolution sexuelle ». Tout y passe : le viol, la pédophilie, le mariage gay, l’avortement, le SIDA, la prostitution etc. Il est frappant de voir une société qui se dit libérée des tabous du sexe avoir tant de problèmes qui n’arrêtent pas de s’accumuler : la France est un des pays ayant la plus forte population carcérale liée à des crimes sexuels (23%, part ayant presque doublée depuis seulement 1996 à comparer aux 4% aux Pays-Bas et 9% en Belgique). Crimes dont les peines sont presque égales à celles condamnant un homicide.
S’il y a bien un sujet où le politiquement correct a commis des ravages c’est bien celui du sexe. Pornographie, prostitution voilà de beaux combats pour ceux qui sont contre le malheur et pour le bonheur et qui militent. Dans un pays comme la Hollande où l’hygiène sexuelle est un droit, les prostituées sont protégées par le principe de « neutralité éthique » de l’Etat, celui-ci à décider de réunir les meilleures conditions possibles afin d’éviter les situations sordides auxquelles nous pouvons assister en France en marginalisant les prostituées. Le droit français en matière sexuelle repose sur le consentement mais pas le consentement rémunéré … Le consentement doit donc être un « vrai » consentement, un consentement moral ; pas très révolution sexuelle tout ça. La majorité sexuelle se situe à 15 ans mais les parents peuvent s’opposer aux relations de leurs enfants, ces derniers n’ont par contre aucun recours pour justifier de leur consentement.
Chaque chapitre est agrémenté d’images et de textes, poèmes, articles, le tout forme un livre très intéressant. Il peut aider à s’y retrouver dans le malaise qu’on peut ressentir aux vues des affaires, des procès, des reportages alarmants etc. Vous avez dit Outreau ?
Update : un long article de Maureen Dowd dans le NY Times Magazine me semble une lecture instructive après avoir lu ce livre.
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