Mes dernières lectures

Dear Life: Stories par Alice Munro

Prix Nobel oblige les ouvrages de l’écrivaine canadienne se retrouvent en bonne position dans les librairies. Je n’avais pris le temps de la lire avant mais je connaissais de loin le style. Ce tome datant de 2012 a une marque un peu spéciale car il a des aspects autobiographiques. On n’est pas déçu.

The Song of Everlasting Sorrow: A Novel of Shanghai par Wang Anyi

Nous allons à Shanghai en 2015, je voulais goûter avant à la culture chinoise. Ce classique est un vrai bijou puisqu’il couvre la Chine avant la révolution avec ses influences européennes, la période communiste dure puis l’ouverture. Tout cela à travers la vie d’une habitante de la cité chinoise. Beaucoup de romantisme et de tristesse mais aussi un formidable destin.

War by Candlelight: Stories par Daniel Alarcón

Un autre recueil de nouvelles par un auteur américano-péruvien. Né au Pérou mais élevé aux États-Unis j’ai préféré les histoires se passant dans son pays natal. On est bien sûr frappé par la dureté de la vie dans un pays pauvre (à son époque en tout cas). Je pense maintenant lire le roman qui l’a fait connaître.

A History of the Arab Peoples par Albert Hourani

Un classique dans le domaine, et un sujet d’actualité malheureusement avec les nouveaux affrontements entre Israël et le Hamas. Cet ouvrage est sans doute destiné à un public plus académique et donc les premiers chapitres sur l’origine de l’islam et les premiers califes sont parfois durs à suivre. Il faut dire aussi que nous sommes peu exposés à l’histoire de Moyen-Orient, cela semble bête mais pour nous la distinction ouest/est n’est la même que quand on prend le point de vue géographique de cette région. Mais j’ai beaucoup appris sur la religion mais aussi sur la dynamique entre les nations et les différents courants. L’importance de l’Egypte dans cette région, les trois zone d’influence arabe, la position centrale de la Syrie, la relation avec les minorités juives et chrétienne de la region.

The Trouble with Brunch: Work, Class and the Pursuit of Leisure par Micallef

La première moitié du livre me semblait confuse. Sous le couvert du rituel qu’est devenu le brunch l’auteur nous parle de sa transition entre une enfance passée dans le milieu ouvrier de Windsor vers la classe moyenne de Toronto. Cela m’a permis d’en savoir plus sur le cœur industriel ontarien mais je ne voyais pas trop où il voulait en venir. Mais la deuxième partie est plus intéressante. L’auteur décline la plupart des invitations pour aller bruncher car l’expérience est devenue trop artificielle. Il parle d’un nouveau mouvement à Portland qui essaie de retrouver l’esprit de ce repas dominical en organisant des brunchs maison ou en suivant des règles strictes (repas court sans file d’attente avec un groupe restreint). Il en profite pour aborder un sujet qui m’est cher : cette ambiguïté qu’on retrouve dans le mouvement écologique, bio urbain. A vouloir défendre une agriculture bio, un accès à des produits locaux et achetés sur un marché de quartier on désert le cause au final. D’un point de vue écologique il est préférable que vos tomates soient transportées par des camions et distribuées dans un Walmart qu’acheminées en petites quantités par votre fermier. L’autre sujet plus actuel est celui de la densité urbaine où on préfère l’esthétisme des petits immeubles limités à 3 ou 4 étages mais qui favorise une faible densité et donc et rendent compliqués les transports en commun.

Publié dans Uncategorized | Poster un commentaire

The Luminaries – Eleanor Catton et The Undercover Economist Strikes Back – Tim Harford

The Luminaries – Eleanor Catton

lumariesLe livre a reçu le prix Booker (l’équivalent du prix Goncourt pour le Commonwealth) en 2013. L’ouvrage nous emmène dans le pays de l’auteur, la Nouvelle-Zélande mais à l’époque de la ruée vers l’or. Dans Hokitika, une communauté de prospecteurs d’or, nous suivons plusieurs personnages impliqués de près ou de loin dans le meurtre et la disparation de membres du poste d’exploration. On peut appeler ça une ville car il y a des hôtels (qui servent aux prostituées), un théâtre (pour jouer), un journal local et un port.

Le livre de 832 pages m’a beaucoup rappelé Deadwood, la série télévisée de HBO sur la conquête de l’ouest. On y retrouve cette ambiance de bout du monde. A la place des cow-boys on retrouve des sujets de la reine venant de chaque coin du royaume dont le « héros » Walter Moody. D’autres viennent de la Chine où le commerce de l’Opium est lucratif. Le côté « à la frange du monde » m’a toujours étonné quand cette époque est dépeinte. Dans une récente vidéo sur Deadwood on apprend que l’auteur avait comme idée originale de placer l’histoire dans la Rome antique mais qu’un conflit avec une autre production l’a forcée à se porter sur l’Ouest américain. Mais le thème reste le même : le passage d’une société entre le chaos et l’ordre. Vous êtes isolés du monde, avec des conditions matérielles limitées, un ordre social prédominait par des gangsters mais en même temps il y a le droit à la propriété, des assurances sur les bateaux etc.

L’ouvrage contient quelques longueurs mais c’est une belle écriture avec une belle dose d’ironie et on découvre une nouvelle facette de la Nouvelle-Zélande, qui est un pays un peu à part.

The Undercover Economist Strikes Back – Tim Harford

undercoverLe deuxième livre de l’économiste anglais. Celui-ci est beaucoup plus ambitieux car il traite non pas de microéconomie mais de macroéconomie. Le passage entre les deux a toujours été épineux. Quand on quitte le monde de l’agent unique et rationnel pour passer à celui des grands équilibres on perd un peu de compréhension. C’est un peu comme la physique quantique et la physique classique. Mais Tim réussit avec brio le passage. On y parle bien sûr des keynésiens, des classiques, des néo-classiques, etc. Mais dans le contexte économique actuel ce que je retiens de ce livre c’est notre résistance à confondre le court et moyen terme. Notamment sur le débat de l’inflation, il peut être intéressant de la laisser grimper un peu en temps de crise mais qu’en vient des temps meilleurs on devrait y faire attention. Et plus largement on (les États) devrait dépenser plus en temps de crise et dépenser moins en temps de croissance positive. Mais on hystérise (la rigueur !) et on fait le contraire … Les chapitres justement sur la croissance ou le PIB me rappelle l’excellent ouvrage français des éconoclastes.

Publié dans readings | Poster un commentaire

Before Galileo: The Birth of Modern Science in Medieval Europe par John Freely

imageIl y a certains mythes erronés de l’Histoire qui ont la peau dure. Ceci n’est pas étonnant puisque nous suivons tous à peu près le même cursus scolaire et qu’ils renforcent une conception bien linéaire de l’histoire. Un des mythes les plus répandus concerne la relation de l’église avec la science en général et en particulier de son attitude lors de l’ « affaire Galilée ». Le livre de John Freely est intéressant car il retrace bien la filiation du scientifique en commençant par Socrate, Aristote et Platon. Puis avec les mathématiciens Arabes puis ceux qui ont commencé à traduire les ouvrages de l’arabe ou du grec plus tard vers le latin. Mais il se noie dans les détails et il est donc très dur de suivre le fil directeur. Au mieux les débuts et fin de chapitres sont de bonnes synthèses mais le reste est très brouillon. Les deux derniers chapitres sur Galilée et Newton ont plus de substance.

Sur la forme Galilée n’a pas eu un procès et n’a jamais été en prison au pire il a été mis en maison sous surveillance dans un palais puis chez lui. Il défendait une théorie scientifique à un moment où il en existait beaucoup d’autres et certains membres de l’église catholique le soutenait comme d’autres apportait leur bénédiction à d’autres théories.

De façon générale le moyen-âge après le 10ème siècle n’a pas été cette période sombre de la quête scientifique et de l’innovation qu’on dépeint souvent. Sur Quora on peut trouver cette fascinante réponse de Tim O’Neill à propos de l’aventure scientifique pendant le moyen-âge. Pour résumer il y a eu un vide intellectuel en effet après la chute de l’empire romain occidental. Mais la rareté des sources intellectuelles à obliger les scientifiques à se concentrer sur certains domaines dont la logique ce qui a encouragé la démarche rationnelle. Puis sont apparus des universités où le cursus est multidisciplinaire mais quand même centré sur des disciplines scientifiques (la littérature en générale est ignorée). Enfin une réflexion sur l’expérimentation a fini de préparer le terrain pour une révolution scientifique. Les intellectuels du moyen-âge ont réussi à intégrer la rationalité dans le discours religieux ce qui a permis une certaine liberté de recherche même si parfois les autorités de Rome ont “recadré” un peu le débat.

Sur l’affaire « Galilée » on pourra aussi lire cette réponse sur Quora du même Tim O’Neill pour plus de détails :

https://www.quora.com/History/What-is-the-most-misunderstood-historical-event/answer/Tim-ONeill-1

Publié dans readings | Poster un commentaire

Mes lectures de ces derniers mois

Un feu sur l’abîme de Vernor Vinge : un classique de la littérature science-fiction datant de 1991 (sous-catégorie « hard sf »). Deuxième lecture pour moi, toujours autant de plaisir. Il n’y a pas la précision de Charles Stross en termes de prospectives économiques mais on apprécie l’imagination.

Nouvelles affaires du Juge Ti de Xiao Di Zhu : une collection d’enquêtes policières dans l’ancienne Chine. On y apprend beaucoup de choses sur la société chinoise du 7èm siècle. Un Agatha Christie oriental.

Canada-Québec 1534-2000 de Jacques Lacoursière : ce n’est pas un manuel mais il offre un bon rattrapage historique. Un heureux hasard a fait que j’ai revisité Québec (ville) après la lecture de ce livre d’histoire. Il n’est pas très long pour un ouvrage couvrant plus de 4 siècles. J’en retiens une chose : la colonisation française de l’Amérique du Nord et sa partie canadienne a été une aventure en plusieurs étapes et finalement assez courte avant la domination anglophone. Il est donc assez exceptionnel qu’on parle encore français sur ce continent.

The Tale of Genji de Murasaki Shikibu : Considéré comme le premier ouvrage qui prend une forme romanesque dans l’histoire de la littérature sa lecture n’est pas aisée. Cette traduction est une des plus « occidentalisée » (dans sa version originale les personnages portent des noms différents au fil de l’histoire). On y suit la vie d’un homme de la cour impériale japonaise. On utilise la poésie pour dialoguer et on comprend la misogynie de la société nippone quand on sait que les femmes ne pouvaient pas parler à aucun autre homme que leur conjoint. PS : les gens pleurent beaucoup dans ce livre, à vrai dire à chaque fois que quelqu’un voit Genji, il se met à pleurer.

The Merchant’s War (Tome 4) de Charles Stross : la quatrième partie de cette épique histoire de science-fiction. Comme je le mentionnais dans la note sur Un feu sur l’abîme, Charles Stross écrit souvent dans des futurs proches donc la perspective économique est très pertinente. Cette série tourne autour d’un groupe de gens pouvant voyager entre différents univers qui représentent la terre à différents stade d’évolution (médiévale, XIXème siècle révolution inachevée et USA toujours sous le règne britannique). On peut alors imaginer plein de choses en termes d’avantages comparatifs entre ces mondes. C’est long, trop long parfois mais on y revient avec plaisir après quelque mois de pause.

Brown Dog: Novellas de Jim Harrison : Jim Harrison est un poète mais ses romans sont plus connus (dont certains ont été adaptés au cinéma). Ce recueil de nouvelles nous fait partager la vie de Brown Dog, un grand gars demi-indien dans le Michigan. Il vit en retrait du monde, sans éducation mais avec des principes de vie simple qui le rendent attachant. La dynamique entre les personnages estun joyaux et certaines phrases sont catchy.

I know I’m missing out a lot where I live but I don’t have a TV, the movie houses are far away, and I don’t care for newspapers because the pictures are in black and white and the world is in color.

He idly wondered why when people met him the low-wage lightbulb lit up in their heads. A teacher once told him that he wasn’t “presidential material”.

She went straight but then so many of us could have gone both ways usually with disastrous results.” “You could try it. It’s old-fashioned but it’s historical”.

Thinking: The New Science of Decision-Making, Problem-Solving and Prediction par John Brockman : une anthologie d’interventions sur l’état du savoir concernant l’économie comportementale. C’est à la mode mais cet ouvrage présente une variété de point de vues intéressantes. Il y a des côtés rassurants : on a tendance à surestimer les effets de nos échecs sur le futur et sous-estimer notre résilience. Que la plupart des prédictions individuelles sur un horizon de plus d’un an sont souvent pas meilleurs que celle de non-spécialistes. Que nous demandons des conseils pour n’attendre au bout du compte qu’une confirmation de notre opinion.

The Undercover Economist par Tim Hardford : un ouvrage qui est devenu un classique de la vulgarisation de la micro-économie. Je le conseille autant que les ouvrages des éconoclastes pour comprendre certains principes comme les oligopoles, la protection médicale universelle, les taxes sous forme de péages en ville etc.

Publié dans readings | Poster un commentaire

La fleuriste sur Bernard

Publié dans Uncategorized | Tagué | Poster un commentaire

Coincé entre une belle province et un harvey’s, un bar de danseuses. Le quartier de mon boulot est charmant :)

Publié dans Uncategorized | Tagué , , , , | Poster un commentaire

Beau Matin

Publié dans Uncategorized | Tagué | Poster un commentaire