20150726_143239434_iOS
everything else, gadget

Les applications mobiles dans ma valise

Voici quelques applications utilisées lors de notre dernier périple en Asie. Nous avons visité Bangkok, Shanghai et Séoul. 3 villes dans des pays aux niveaux de vie différents. Nous avons pu dans chaque pays utiliser notre cellulaire (un iPhone 6 sans verrouillage opérateur) avec des offres data dédiées :

· Thaïlande : paradoxalement c’est le pays où la qualité de service et le prix étaient les meilleurs. Nous avons utilisé l’offre de DTAC : pour 600 bath (22 $) on a 4Gb pour deux semaines. Nous avons pris les cartes directement au comptoir (argent comptant seulement), après 40 manipulations réalisés en 14 secondes par l’employé, le téléphone était paramétré pour être utilisable. Si jamais vous rencontrez un problème avec la relève du courriel etc. le meilleur moyen est de réinitialiser les paramètres réseaux (Paramètres > Général > Réinitialiser > Réinitialiser les réglages réseaux), dans mon cas cela a résolu tout problème de connexion que je pouvais avoir.

· Chine : c’est un peu plus difficile. Il y a la question de la compatibilité des appareils. Notre iPhone 6 a le mérite de pouvoir utiliser la 3G (certains modèles US sont compatibles avec le réseau LTE). L’opérateur China Unicom vends des cartes data (à l’aéroport ou dans des magasins, préférez ceux de l’opérateur car l’activation se fera sans avoir à appeler un service à la clientèle). Attention il existe des forfaits data avec « roaming » national. En effet comme on peut avoir la distinction national / international avec nos opérateurs, il existe une différence entre les différentes provinces chinoises. Donc le forfait data que vous achetez à Shanghai ne sera pas valable à Beijing. Comptez environ 30$ pour 2Gb. Ce n’est pas beaucoup mais…. De toute façon, et pour résumer, l’accès internet est pourri. Vous allez sans doute devoir utiliser un VPN pour accès aux services de Google, Facebook et autres (on a pris un abonnement à 12.5$ chez ExpressVPN) et même si le WiFi était présent dans pas mal d’endroits, la vitesse est très lente dans la plupart.

· Corée du Sud : c’est ici qu’on a été le plus surpris par le prix. Le pays a la réputation d’avoir un des meilleurs taux de pénétration et de vitesse pour l’accès à Internet mais concernant les forfaits data pour cellulaire c’est le plus cher des trois pays. Nous avons réservé via Internet une carte SIM à l’aéroport chez EG SIM Card, 10$ pour la carte SIM et 22$ pour 1Gb. Mais il y a une subtilité (je pense que la personne à l’aéroport a pas fait l’opération pour nous donc attention…). Le crédit initial de 20k KRW sur le compte s’applique à la voix. C’est à vous de basculer ce crédit vers le data … sur un site web à l’interface pas très « friendly ». Pour un top-up, la même logique s’applique : il faut acheter un crédit voix puis le transférer sur le data …

Pourquoi utiliser son cellulaire? Les guides de voyages papiers ne sont plus vraiment utiles. Autant Yelp était absent de ces trois pays, Foursquare a été très précieux. Non seulement vous pouvez trouver des avis provenant de touristes (du moins en anglais) mais aussi pas mal d’avis locaux. Bien sûr la langue est une barrière dans ce dernier cas mais la note attribuée et les photos aident beaucoup, celles-ci permettant à l’occasion de commander en montrant les plats.

Pour le transport (public), Google Maps était bien sûr une aide considérable. Bien qu’en Chine nous avons pu avoir un aperçu des futures cartes Apple car en Chine elles étaient de très bonnes qualité avec notamment les sorties de métro :

plan

En Corée, nous avions dû mal à trouver certains endroits car les recherches dans les deux fournisseurs se faisaient non pas sur les adresses mais sur le nom des établissements, cela peut porter à confusion à chaque fois.

Bien que nous n’avions pas de guide voyage dans nos valises nous avons acheté la version « pro » de l’application de voyage Triposo. Elle offre bien sûr le contenu classique sur les destinations. L’interface est agréable (bien qu’un peu confuse). Elle permet de télécharger le contenu pour consultation « offline ». Enfin elle agrège du contenu de différentes sources. Nous avons utilisé une fonctionnalité intéressante qui permet de créer des « city walks » à partir d’une liste d’attractions sélectionnées. Il existe aussi des circuits présélectionnés par des utilisateurs.

Pour finir, un mot sur le taxi. En Chine et Corée nous n’avons pas eu à l’utiliser car le réseau de métro était vraiment très accessible et nous étions hébergés dans des quartiers très centraux. Bangkok peut être plus difficile … Nous avons utilisé Uber qui fonctionne comme dans d’autres villes bien que les chauffeurs soit moins habitués et GrabTaxi, une app qui couvre quelques pays en Asie. Le paiement se fait toujours auprès du chauffeur comme dans un taxi classique mais le montant est prédéterminé avant en spécifiant les points de départ et d’arrivée. Cela règle la question des problèmes de « négociations » avec le chauffeur avant. Comme avec Uber il y a plusieurs mode/niveaux de service. Du taxi classique au véhicule de luxe.

Par défaut
readings

Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution – Mona Eltahawy

image

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur par l’intermédiaire d’un ami commun. Je n’avais par contre pas eu connaissance de son travail avant. Mona Eltahawy est une journaliste égyptienne qui a vécu en Angleterre avec ses parents avant de les suivre en Arabie Saoudite puis en Égypte où elle a commencé sa carrière professionnelle qu’elle a poursuivie aux USA. Elle habite maintenant au Caire où elle a notamment vécu la révolution du printemps arabe de 2011.

Mona Eltahawy nous parle bien sûr de la condition des femmes au Moyen-Orient en général mais elle augmente cet exposé avec un récit poignant de son propre parcours. Après avoir connu la société libérale anglaise, l’arrivée en Arabie Saoudite ne pouvait être plus dramatique pour une adolescente. Elle décida à 25 ans d’arrêter de porter le voile. Elle fut plusieurs violentée sexuellement et physiquement au cours de ses séjours an Arabie Saoudite et dernièrement durant la révolution égyptienne.

Ce court livre m’a beaucoup plus car l’auteur nous parle de figures ignorées en Occident : le féminisme du Moyen-Orient. Nous sommes plus ou moins conscients des grandes batailles comme l’avortement et des figures derrières ces combats mais on n’a pas la chance de connaître les courants de libération de la femme dans ces pays.

D’autre part elle parle de façon très claire de la double révolution que les citoyennes de ces pays doivent mener : combattre avec les hommes les dictateurs de l’ « ancienne » génération d’où en menant aussi leur propre combat pour les droits des femmes. L’Égypte en est la parfaite illustration, avec la tombée du pouvoir de Moubarak, il a été remplacé par le président Morsi qui n’a été synonyme de grandes avancées pour les femmes. Et la société semble sourde à ces problèmes.

L’autre intérêt c’est celle pour un immigrant français comme moi qui vit en Amérique du Nord. Je viens d’un pays qui a depuis un moment séparé l’État de l’église, un des pays les plus athées et enfin qui a passé une loi interdisant le port du voile dans certains lieux. Je vis maintenant dans une région du monde où la religion est très présente (même si le Québec est une exception) et où le respect des sensibilités religieuses est un sujet très sensible. Le fait qu’une personne qui vient d’une autre région encore parle de ce débat me fait réfléchir. J’ai l’impression parfois que les gens qui défendent une vision séculaire de la société culpabilisent ou le font de façon très modérée de peru d’être assimilé à des racistes. Heureusement il y a des gens comme Mona Elthahawy qui montrent qu’on n’a pas à avoir peur de ses opinions.

Par défaut
readings

Faisal I of Iraq – Ali A. Allawi

faisal

Irak est dans l’actualité depuis maintenant (trop) longtemps. Les derniers mois ont vu la montée en puissance de l’état autoproclamé islamique. La Syrie est le théâtre d’un affrontement entre forces rebelles et l’état depuis des années et au Yémen les rebelles Houtis ont délogé un président et combattent la section locale Al-Qaïda. Dans tous ces conflits il y a une composante religieuse du fait de la confrontation des sunnites et des shiites représentés par deux grandes puissances de la région : l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Cela fait un moment que j’avais cet ouvrage dans ma file goodreads.com mais l’actualité lui a donné tout son sens. Le livre du premier ministre de la défense de l’ère post-Saddam Hussein nous transporte au début du XXème siècle, pas au commencement mais à une époque charnière de la péninsule arabique.

L’œuvre est une biographie du premier roi d’Irak, Faisal I. Il est le fils du Shérif de la Mecque, Hussein ben Ali. Il sera éduqué dans un premier temps avec les tribus de la région puis il va suivre une éducation dans la capitale de l’Empire Ottoman à Istanbul. Élu au parlement il va visiter Damas et faire connaissance avec le mouvement nationaliste arabe en Syrie.

La première guerre mondiale lui donne l’occasion de prendre la tête de ce mouvement en menant la révolte arabe contre les turques (alliée de l’Allemagne). Accompagné de Lawrence d’Arabie il va reprendre Médine, puis libérée Damas. Armé d’une reconnaissance militaire il participe à Paris à la conférence de paix en 1919. Mais il manque d’expérience diplomatique et les grandes puissances, dont principalement la France, ne veulent pas entendre parler d’une indépendance des pays arabes. Il devra accepter le mandat français sur la Syrie et le Liban et celui des britanniques sur la Palestine et l’Irak.

Il devient roi de Syrie en 1920 mais les français n’acceptent aucun compromis et les nationalistes syriens se rebellent vite contre l’occupant. Faisal est déchu et expulsé vers Égypte puis vers l’Angleterre. Celle-ci se confronte aux différentes factions en Irak et cherche une personne avec assez de stature pour diriger le pays. Faisal semble être le candidat idéal. En août 1921 il devient roi d’Irak. Il restera jusqu’à sa mort en Suisse en 1933.

Durant son règne il devra composer avec les britanniques qui cherchent à prolonger le mandat le plus longtemps possible, sachant toutefois que l’indépendance est inévitable. Mais aussi les différentes factions locales comme les shiites, les Kurdes, les Sunnites. Certains sont proches des britanniques car ils représentent le rempart contre la présence turque qui est menaçante au Nord, d’autres sont très hostiles à la présence occidentale. Faisal se retrouve au milieu, jouant dans l’ombre les uns contre les autres. Le royaume de son père est envahi par les wahhabites dans ce qui deviendra l’Arabie Saoudite.

Il obtiendra toutefois l’indépendance en 1932. Mais à ce moment-là des troubles apparaissent au Nord et le massacre par l’armée irakienne d’Assyriens fragilise le pays naissant.

J’ai beaucoup aimé la lecture de ce livre. Il donne assez de contexte sans être submergé par les détails. L’auteur aborde peu l’aspect personnel de la vie du dirigeant arabe. Sa femme est restée avec son père dans le royaume de Hedjaz, il a un style de vie simple. Je le recommande chaudement si on veut approfondir l’histoire de cette région. On comprend mieux les problèmes issus de l’invasion américaine qui en gagnant le guerre contre le dictature de Saddam Hussein a perdu la paix en remonté à la surface les problèmes inhérents de la société fragmentée irakienne.

Par défaut
readings

The Interior Circuit, Francisco Goldman

imageEncore une belle découverte du classement de The Guardian sur les livres abordant le thème de la ville. Francisco Goldman est un écrivain américain originaire du Guatemala. Il partage sa vie entre New-York où il enseigne dans une université du Connecticut et Mexico City. C’est dans cette dernière qu’il a rencontré sa femme Aura, décédée il y a 5 ans dans un accident de body surf.

Le livre décrit son processus de deuil après la mort soudaine de sa compagne. On est loin de la description romanesque d’une Joan Didion dans The Year of Magical Thinking. Le livre ne manque de charme mais l’auteur a préféré mélanger des sujets personnels et d’autres plus politiques. Il réside dans une partie de la ville (Condesa) que j’ai eu la chance de connaître lors d’un séjour en 2014 et je trouve sa description très fidèle. On y retrouve bien l’esprit du District Fédéral (Mexico City est un peu comme Washington i.e. elle n’appartient pas à un état en particulier).

Concernant l’aspect politique, là aussi j’ai appris beaucoup de choses. L’auteur passe de longs moments sur deux affaires qui ont secoué la capitale mexicaine ces dernières années. La première lors de la dernière campagne électorale qui a vu l’élection d’Enrique Peña Nieto candidat du PRI, parti politique au pouvoir de façon presque continue depuis 70 ans. Ce dernier était gouverneur de l’état de Mexico qui entoure la ville lorsque la police, sous ses ordres, a donné la charge contre des manifestants à Atenco (contre la construction d’un aéroport) donnant la mort à plusieurs personnes. Lors d’une intervention dans une université huppée de Mexico le candidat n’a exprimé aucun regret après des questions répétées des étudiants. Ce qui devait être une simple intervention avec des étudiantes dociles a fini en une fuite sous les caméras de télévision du candidat (il prendra même refuge dans des toilettes pendant un moment). D’autres universités se joignent au mouvement sous la bannière « Yo Soy 132 ».

L’autre affaire est celle des disparus du bar/boîte « After Heavens » : en pleine journée 12 jeunes sont enlevés à la sortie d’une boîte en plein centre-ville de Mexico. Après avoir nié le crime et essayer de relativiser leur innocence (ils sont issus d’un quartier malfamé de la capitale, Tepito) les forces de l’ordre retrouveront «par hasard » les corps des jeunes dans une province du Sud. L’auteur nous permet de suivre l’enquête grâce à son amitié avec un journaliste espagnol.

Dans les deux cas, on aborde une face cachée de la ville qui connaît pourtant un taux de criminalité inférieur à celle de Washington ou Chicago. L’ouvrage est aussi une bonne introduction à la politique de la ville qui est tenu par le parti progressiste démocratique (dont le candidat a perdu par deux fois les élections présidentielle).

Les chapitres qui abordent sa tentative de conduite en voiture dans la ville sont très instructifs et parfois drôles quand on a connu la jungle que peut être le trafic dans Mexico City.

Il n’y a rien a jeté dans cet ouvrage. Cela donne envie d’y retourner mais cette fois-ci avec un regard nouveau.

Par défaut
readings

Shanghai Homes: Palimpsests of Private Life, Jie Li et Winesburg, Ohio par Sherwood Anderson

imageJ’ai pour habitude de ne pas trop m’attarder devant les classements de fin d’année mais celui de The Guardian sur les livres à propos des villes à éveiller mon intérêt. Nous allons passer une semaine cet été à Shanghai et au lieu de lire un livre de tourisme habituel, j’ai pensé à lire un livre sur l’histoire de la plus grande ville chinoise. Bien qu’elle ait une mauvaise réputation pour son côté « Dubaï », cette ville portuaire a une histoire ancienne.

L’auteur nous propose de découvrir les deux «alleyway » de sa famille paternelle et maternelle. Ces ruelles sont caractéristiques de Shanghai, je devrais dire « étaient » car elles sont été détruites dans les années 2000 pour faire place à de nouvelles habitations. Dans les deux cas elles ont été construites dans les années 30 par des compagnies étrangères qui étaient à l’époque propriétaires de concessions dans la ville. Ces maisons unifamiliales abritaient des cadres de sociétés britannique et japonaise dans le cas des familles de Jie Li. Les trois époques sont décrites séparément : avant la révolution, la période communiste dure et enfin après les années 70 jusqu’au déplacement des familles au début des années 2000. Ce livre est une bonne fenêtre sur l’évolution de la société chinoise. Après la révolution une famille occupait une pièce dans chaque unité et donc celle-ci pouvait abriter 3 ou 4 familles. Tout le monde se surveillait bien sûr et même étant loin des grands épisodes de l’histoire sa famille a connu les conséquences. Le simple fait d’avoir été soupçonné forçait le maître de la famille à devoir aller travailler en campagne pour supporter la grande marche en avant. Derrière ce sont les femmes qui, laissées toute seules, devaient faire vivre la famille. Les lieux, la famille sont bien sûr décrits mais aussi les objets de la vie de tous les jours et comment était organisée la vie dans ces micro-communautés.

 

image

Ce classique de la littérature américaine du 20ème siècle est un recueil de nouvelles sur cette ville imaginaire du « Midewest » : Winesburg, Ohio. Nous sommes au 19ème siècle il y a encore un petit côté ville à la frontière de la conquête de l’Ouest. L’histoire est centrée sur la vie de Georges Willard, journaliste en herbe qui rêve de faire carrière dans la grande ville, Cleveland ou Columbus. Chaque nouvelle décrit un des personnages qui a des racines dans cette région ou comme beaucoup ont atterri là pour « se refaire » après un échec, un scandale dans une autre région. Chaque protagoniste va se confier au reporter, chaque vie décrite n’a pas suivi la trajectoire envisagée mais il n’y a pas de tristesse. Il y a un point commun dans chacune de ces histoires : aucun personnage n’arrive à exprimer ses sentiments directement, tout reste dans le suggéré ou le non-dit. Une belle description de l’Amérique rurale.

Par défaut