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Le retour des lettres d’information

J’écrivais récemment à propos de mlist.io, une application mobile permettant de gérer et lire les lettres d’information. J’évoquais ainsi un nouvel âge d’or de ces listes par courriel. Je pense que cela est issu de ce besoin de sélection humaine (digital curation) dans le flot d’actualités dans lequel nous sommes. Cela coïncide aussi avec le renouveau d’une certaine forme de journalisme avec une forme plus longue d’articles (longread, california sunday magazine, buzzfeed, etc.). Les lettres d’informations marient les deux en se proposant par exemple de vous envoyer tous les matins un résumé de l’actualité ou les meilleurs articles de fond de la semaine. En voici quelque unes auxquelles je suis abonnées.

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  • Daily Medium
  • Daily Brief Canada Huffington Post + Business and Politics
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  • Aeon
  • Quartz Daily Brief
  • Next Draft
  • Nieman Lab
  • Brainpicks
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mlist.io

Petite découverte pour lire les courriels avec cette application iPhone et iPAd : mlist (site web). Les listes de diffusion (newsletter) connaissent un nouvel âge d’or actuellement. Cela fera peut-être l’objet d’un autre billet mais je suis abonné à une quinzaine de listes quotidiennes ou hebdomadaires. Cela pollue ma bôite de rçeption.

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Le fonctionnement de mlist est assez simple, le service génère une adresse de type nomusager@mlist.io et vous utilisez cette adresse pour vous inscrire aux services. L’application offre aussi un répertoire facilitant ainsi l’ajout pour les listes les plus populaires.

L’application envoie une notification à l’arrivée d’un nouvel item et la lecture se fait comme dans un client Messagerie classique. L’auteur de l’application annonce une version web pour bientôt avec sans doute d’autres fonctionnalités comme la recherche, la désabonnement etc.

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Trois débats économiques : Chômage, désindustrialisation, dettes publiques – Stéphane Ménia

debatsL’auteur est un des protagonistes d’econoclaste.free.org, un site sur l’actualité économique française et internationale. Ils ont publié plusieurs ouvrages comme Nos Phobies Economiques ou Sexe, Drogue et … économie.

L’ouvrage est aussi une expérimentation car il est publié directement sur Amazon au prix de 2.99 euros (3.68 $). Alors même si le contenu est très inspiré par des écrits provenant du blog, le prix est vraiment dérisoire par rapport à la quantité/qualité de l’écrit.

Les trois sujets (chômage, désindustrialisation et dettes publiques) sont abordés à travers le même cheminement : une introduction plutôt académique avec les définitions et ensuite un débat autour de la question. Le chapitre sur le chômage est peut-être celui qui m’a le moins intéressé, sans doute du fait de son traitement très médiatisé par ailleurs (et puis c’est un sujet moins brûlant au Canada …). Celui sur la dette publique est très actuel avec le feuilleton grecque de cet été. Mais je trouve qu’il y a un thème transverse aux trois problématique : la relative efficacité des interventions publiques. Loin d’être un libéral (au sens français du terme) Stéphane Ménia remets toutefois à sa place les solutions miracles comme les 35 heures, les champions nationaux, la phobie des déficits et de la dette etc. Comme le mythe des PDG sauveurs d’entreprises il y a aussi un mythe de la solution magique (faisons des dépenses d’investissements au lieu des dépenses de fonctionnements !) pour les grands problèmes économiques.

Les chapitres sont relativement courts et structurés autour de questions/réponses donc la lecture est agréable et de nombreux graphiques rendent aussi le propos moins aride. En résumé c’est un ouvrage utile si vous êtes tout simplement curieux des questions économiques et il représente une bonne opportunité pour avoir une forme condensée des réponses possibles aux problèmes actuels.

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Les applications mobiles dans ma valise

Voici quelques applications utilisées lors de notre dernier périple en Asie. Nous avons visité Bangkok, Shanghai et Séoul. 3 villes dans des pays aux niveaux de vie différents. Nous avons pu dans chaque pays utiliser notre cellulaire (un iPhone 6 sans verrouillage opérateur) avec des offres data dédiées :

· Thaïlande : paradoxalement c’est le pays où la qualité de service et le prix étaient les meilleurs. Nous avons utilisé l’offre de DTAC : pour 600 bath (22 $) on a 4Gb pour deux semaines. Nous avons pris les cartes directement au comptoir (argent comptant seulement), après 40 manipulations réalisés en 14 secondes par l’employé, le téléphone était paramétré pour être utilisable. Si jamais vous rencontrez un problème avec la relève du courriel etc. le meilleur moyen est de réinitialiser les paramètres réseaux (Paramètres > Général > Réinitialiser > Réinitialiser les réglages réseaux), dans mon cas cela a résolu tout problème de connexion que je pouvais avoir.

· Chine : c’est un peu plus difficile. Il y a la question de la compatibilité des appareils. Notre iPhone 6 a le mérite de pouvoir utiliser la 3G (certains modèles US sont compatibles avec le réseau LTE). L’opérateur China Unicom vends des cartes data (à l’aéroport ou dans des magasins, préférez ceux de l’opérateur car l’activation se fera sans avoir à appeler un service à la clientèle). Attention il existe des forfaits data avec « roaming » national. En effet comme on peut avoir la distinction national / international avec nos opérateurs, il existe une différence entre les différentes provinces chinoises. Donc le forfait data que vous achetez à Shanghai ne sera pas valable à Beijing. Comptez environ 30$ pour 2Gb. Ce n’est pas beaucoup mais…. De toute façon, et pour résumer, l’accès internet est pourri. Vous allez sans doute devoir utiliser un VPN pour accès aux services de Google, Facebook et autres (on a pris un abonnement à 12.5$ chez ExpressVPN) et même si le WiFi était présent dans pas mal d’endroits, la vitesse est très lente dans la plupart.

· Corée du Sud : c’est ici qu’on a été le plus surpris par le prix. Le pays a la réputation d’avoir un des meilleurs taux de pénétration et de vitesse pour l’accès à Internet mais concernant les forfaits data pour cellulaire c’est le plus cher des trois pays. Nous avons réservé via Internet une carte SIM à l’aéroport chez EG SIM Card, 10$ pour la carte SIM et 22$ pour 1Gb. Mais il y a une subtilité (je pense que la personne à l’aéroport a pas fait l’opération pour nous donc attention…). Le crédit initial de 20k KRW sur le compte s’applique à la voix. C’est à vous de basculer ce crédit vers le data … sur un site web à l’interface pas très « friendly ». Pour un top-up, la même logique s’applique : il faut acheter un crédit voix puis le transférer sur le data …

Pourquoi utiliser son cellulaire? Les guides de voyages papiers ne sont plus vraiment utiles. Autant Yelp était absent de ces trois pays, Foursquare a été très précieux. Non seulement vous pouvez trouver des avis provenant de touristes (du moins en anglais) mais aussi pas mal d’avis locaux. Bien sûr la langue est une barrière dans ce dernier cas mais la note attribuée et les photos aident beaucoup, celles-ci permettant à l’occasion de commander en montrant les plats.

Pour le transport (public), Google Maps était bien sûr une aide considérable. Bien qu’en Chine nous avons pu avoir un aperçu des futures cartes Apple car en Chine elles étaient de très bonnes qualité avec notamment les sorties de métro :

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En Corée, nous avions dû mal à trouver certains endroits car les recherches dans les deux fournisseurs se faisaient non pas sur les adresses mais sur le nom des établissements, cela peut porter à confusion à chaque fois.

Bien que nous n’avions pas de guide voyage dans nos valises nous avons acheté la version « pro » de l’application de voyage Triposo. Elle offre bien sûr le contenu classique sur les destinations. L’interface est agréable (bien qu’un peu confuse). Elle permet de télécharger le contenu pour consultation « offline ». Enfin elle agrège du contenu de différentes sources. Nous avons utilisé une fonctionnalité intéressante qui permet de créer des « city walks » à partir d’une liste d’attractions sélectionnées. Il existe aussi des circuits présélectionnés par des utilisateurs.

Pour finir, un mot sur le taxi. En Chine et Corée nous n’avons pas eu à l’utiliser car le réseau de métro était vraiment très accessible et nous étions hébergés dans des quartiers très centraux. Bangkok peut être plus difficile … Nous avons utilisé Uber qui fonctionne comme dans d’autres villes bien que les chauffeurs soit moins habitués et GrabTaxi, une app qui couvre quelques pays en Asie. Le paiement se fait toujours auprès du chauffeur comme dans un taxi classique mais le montant est prédéterminé avant en spécifiant les points de départ et d’arrivée. Cela règle la question des problèmes de « négociations » avec le chauffeur avant. Comme avec Uber il y a plusieurs mode/niveaux de service. Du taxi classique au véhicule de luxe.

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Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution – Mona Eltahawy

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J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur par l’intermédiaire d’un ami commun. Je n’avais par contre pas eu connaissance de son travail avant. Mona Eltahawy est une journaliste égyptienne qui a vécu en Angleterre avec ses parents avant de les suivre en Arabie Saoudite puis en Égypte où elle a commencé sa carrière professionnelle qu’elle a poursuivie aux USA. Elle habite maintenant au Caire où elle a notamment vécu la révolution du printemps arabe de 2011.

Mona Eltahawy nous parle bien sûr de la condition des femmes au Moyen-Orient en général mais elle augmente cet exposé avec un récit poignant de son propre parcours. Après avoir connu la société libérale anglaise, l’arrivée en Arabie Saoudite ne pouvait être plus dramatique pour une adolescente. Elle décida à 25 ans d’arrêter de porter le voile. Elle fut plusieurs violentée sexuellement et physiquement au cours de ses séjours an Arabie Saoudite et dernièrement durant la révolution égyptienne.

Ce court livre m’a beaucoup plus car l’auteur nous parle de figures ignorées en Occident : le féminisme du Moyen-Orient. Nous sommes plus ou moins conscients des grandes batailles comme l’avortement et des figures derrières ces combats mais on n’a pas la chance de connaître les courants de libération de la femme dans ces pays.

D’autre part elle parle de façon très claire de la double révolution que les citoyennes de ces pays doivent mener : combattre avec les hommes les dictateurs de l’ « ancienne » génération d’où en menant aussi leur propre combat pour les droits des femmes. L’Égypte en est la parfaite illustration, avec la tombée du pouvoir de Moubarak, il a été remplacé par le président Morsi qui n’a été synonyme de grandes avancées pour les femmes. Et la société semble sourde à ces problèmes.

L’autre intérêt c’est celle pour un immigrant français comme moi qui vit en Amérique du Nord. Je viens d’un pays qui a depuis un moment séparé l’État de l’église, un des pays les plus athées et enfin qui a passé une loi interdisant le port du voile dans certains lieux. Je vis maintenant dans une région du monde où la religion est très présente (même si le Québec est une exception) et où le respect des sensibilités religieuses est un sujet très sensible. Le fait qu’une personne qui vient d’une autre région encore parle de ce débat me fait réfléchir. J’ai l’impression parfois que les gens qui défendent une vision séculaire de la société culpabilisent ou le font de façon très modérée de peru d’être assimilé à des racistes. Heureusement il y a des gens comme Mona Elthahawy qui montrent qu’on n’a pas à avoir peur de ses opinions.

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