Notes de mes dernières lectures

bronteWuthering Heights par Emily Brontë

Le seul roman de Emily Jane Brontë et pourtant un classique de la littérature anglaise. C’est l’histoire d’un passion amoureuse bien sûr, tragíque (on va pas rentrer dans les détails). C’est un peu le Honoré de Balzac anglais, on le lit au lycée. Il y a bien des suprises et des rebondissements. Même si l’anglais n’est pas ma langue maternelle on ne peut qu’être séduit par son écriture.

 

escapeEscape from Camp 14par Blaine Harden

Depuis 30 ans on voit de moins en moins de dictatures dans le monde et ceci de façon durable (penser à la stabilité de l’Amrérique du Sud ou même la situation en Afrique qui s’améliore) mais on doit pas oublier pour autant la Corée du Nord. Ce dernier bastion du communime meurtrier à grande échelle.  L’histoire de Shin Dong-hyuk est d’autant plus ploignante qui est né dans un camp de prisonnier et qu’il a été complétement déshumanisé depuis la naissance. Le livre est très bien écrit et aborde aussi l’après-évasion en Corée du Sud puis aux USA.

PersonalMBAThe Personal MBA par Josh Kaufman

Je considère ce livre plus une introduction, un balayage des concepts autour de la vie marketing, financière et comptable de l’entreprise. Par contre c’est un excellent point de départ car il recence d’autres ouvrages plus précis. Cela a même été l’origine du livre un annuaire compilé par Josh Kaufman des meilleurs livres dans le domaine. L’introduction est un réquisitoire intéressant contre les MBA, le diplôme.

 

unbowedUnbowed par Wangari Maathai

Dans une autobiographie il y a toujours bien sûr un peu trop de d’autosatisfaction, et puis le style peut-être un peu sec, ce qui est la cas de ce livre. Mais la vie de l’auteur, Prox Nobel de la Paix en 2004 et fondatrice du mouvement Green Belt au Kenya est trop passionnate pour s’arrêter au style. De l’époque coloniale en passant par son éducation universitaire aux USA et puis la transformation du Kenya vers une démocratie. Une grande leçon de vie.

 

chinaChina Airbone par James Fallows

C’est un livre sur l’aviation mais c’est aussi sur la Chine. Ou comment aborder le développement d’un pays à la lumière d’un secteur. On apprend beaucoup sur cette croissance folle que connaît la Chine, ses limites et les incompréhensions qu’elle engendre. La conclusion de l’auteur est assez proche de ce qu’on entend sur ce pays: une hard-power énorme du fait de sa taille mais une soft-power qui fait défaut.

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Last Call –The Rise and Fall of Prohibition – Daniel Okrent

LastCall

Même si vous n’avez pas étudié l’histoire des États-Unis, vous avez forcement entendu parler de la Prohibition. Vous avez vu un film sur Al Capone ou plus récemment vous êtes devenu accro de Boardwalk Empire la série de HBO sur Atlantic City dans les années 20.

Le livre de Daniel Okrent a une vision un peu plus large que le portrait (souvent romantique) du gangster de l’époque. Surtout il attache beaucoup de temps à la dimension politique avant, pendant et après.

Avant car la Prohibition a été poussée par une organisation exclusivement consacrée à seul but : interdire la production et la consommation de boisson alcoolisée. Là où d’autres groupes de pression ont des objectifs divers, l’American Temperance Society n’avait qu’un seul mandat. Il faut dire par contre que les soutiens de l’ATS étaient divers voir parfois contre-nature: les femmes (qui demandaient le droit de vote et fournissaient leur soutien par un apport de voix conséquent), le Ku Klux Klan qui haïssait ces compagnies (les brasseurs comme Anheuser-Busch) détenues par des étrangers et les immigrants qui buvaient trop. Enfin les démocrates qui soutenaient la création d’un impôt sur le revenu (qui serait le bienvenu pour compenser les taxes sur l’alcool). Il fallait faire vite car la mise à jour des districts électoraux selon le nombre d’habitants allaient privilégier les grandes villes plus favorables au maintien du statu quo.

Le reste du livre se penche sur les 13 années de la prohibition en étudiant la difficulté d’appliquer la loi, l’essor des Bahamas (et de Saint-Pierre et Miquelon) comme plaque tournantes des trafiquants, le rôle du Canada comme fournisseur officieux de whisky etc. Ce passage est un peu moins intéressant car plus anecdotique.

Est-ce que la réforme a marché? Elle a sans doute accéléré la réduction de la consommation d’alcool pur qui était d’environ de 10 litres en moyenne par an et par adulte avant son interdiction (ce qui équivaut à 520 bouteilles de 355 ml de bières par an). On estime à 70% cette réduction dans les premières années après le Volstead Act. Il faudra attendre 1973 pour qu’elle atteigne de nouveau ce niveau (elle est aujourd’hui aux environ de 8 litres). Il veut dire aussi que la disparation de la loi a donné naissance à une multitude de législations locales compliquées.

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Panama

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Nous revenons d’une semaine passée au Panama. Quand notre ami Bill nous a parlé de son départ pour ce pays il y a un an je n’avais pas vraiment d’images positives en tête. On se souvient de la dictature de Noriega et de l’invasion par l’armée américaine dans la fin des années 90. Et puis en s’y attardant un peu plus on peut lire que le Panama est une destination touristique courue, on la surnomme parfois même la Singapore de l’Amérique Centrale. Même s’il est vrai que la pauvreté y est encore trop grande on y voit des signes positifs commes des étalages fournis dans les épiceries contrairement aux sinistres “supermarchés” de Cuba.

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Miami

Nous avons voyagé avec American Airlines via Miami (il n’y a pas de compagnie canadienne qui fait la liaison directe Montréal-Panama City à cette époque de l’année). Il faut un peu plus de 5h30 de vol au total et c’est notre première excursion aussi proche de l’équateur. La réputation des agents de bord veillisants des compagnies américaines est bien vraie (j’ai lu plus tard que plus de 40% d’entre eux ont plus de 50 ans et le plus vieux a 87 ans …). Que cela soit à l’aller ou au retour nous n’avons rien à reprocher à part le côté un peu veillot de l’appareil (737-800). Nous avons profité du Wi-Fi sur le segment Miami-Montréal pour 8$.

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Nous étions logés à l’hôtel The Canal House dans le vieux Panama. Cet établissement n’a que 3 chambres et étant les seuls clients pour la plupart de notre séjour nous en avons bien profité :)

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Le vieux quartier est appelé Casco Viejo ou Casco Antiguo – le premier nom étant plus commun. Bénéficiant du classement au patrimoine mondial par l’UNESCO en particulier et du boom économique du Panama en général, beaucoup de bâtiments sont en rénovation tout en gardant les façades d’époque. On y trouve des petites places charmantes mais ce qui fait son cachet c’est le mélange de bâtiments restaurés, de vieilles églises avec des squats (ce quartier a été délaissé pendant un long moment pour des quartiers plus modernes).

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Une vue de la nouvelle ville depuis la Plaza de Francia.

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Plazia de la Independencia

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La cathédrale Iglesia Metropolitana

Nous avions la chance d’avoir deux guides: Bill, le nouvel immigrant et Miguel, Panaméen. Le Panama est un petit pays (3.5 millions d’habitants pour une superficie de 75.000 km2 ) donc il est facile par exemple de le traverser pour aller sur la côte de la mer des Caraïbes.

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Portobello sur la côte est.

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Isla Grande, une petite île atteignable seulement par beateau, idéale pour passer la journée à la plage et  manger des fruits de mer.

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Mojito délicieux de Casa Blanca 

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Une autre vue de la ville à marée basse.

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Le fameux Canal avec un navire japonais qui transporte des voitures.

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Nous n’avons rencontré aucun problème de sécurité, il faut juste de tenir à l’écart de certains quartiers de la ville et les habitants sont en général très acceuillants.

Prochaine étape? Franchir l’équateur …:)

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Thinking, Fast and Slow – Daniel Kahneman

thinkÉtudiant en économie dans la fin des années 90, j’ai suivi des cours sur la micro-économie et la macro-économie, chacune ayant ses propres courants de pensée comme les monétaristes, les keynésiens etc. Pourtant à la même époque une branche de l’économie était déjà bien développée mais je suis passé à côté. Daniel Kahneman est un des pères fondateurs de l’économie comportementale. Ce courant se propose d’aller au-delà de l’hypothèse de l’individu rationnel qui fait des choix informés. Prix de Nobel en 2002, l’auteur a écrit ce livre comme une sorte de résumé de plusieurs décennies de travail. Ce fut comme un cours accéléré de rattrapage pour moi.

A travers plusieurs exemples d’études et d’expérimentations le psychologue reconverti en économiste nous décrit deux systèmes : le système 1, inconscient, qui est celui par lequel nous prenons la plupart des décisions. Il réagit vite, souvent par analogie avec des situations déjà rencontrées et le système 2 qui est plus lent, plus rationnel mais plus difficilement mobilisable.

A partir de cette distinction on passe travers plusieurs biais psychologiques, en voici quelqu’un que j’ai trouvé intéressant :

  • Biais de représentativité : on se fit plus à une présentation personnalisée de l’information que sur des statistiques. Je reprends ici la traduction française du livre :

Linda a 31 ans, elle est célibataire, franche et très brillante. Elle possède une maîtrise de philosophie. Etudiante, elle se montrait très préoccupée par les questions de discrimination et de justice sociale, elle participait aussi à des manifestations antinucléaires.

Selon vous, Linda a-t-elle plus de chance d’être :

  1. Enseignante dans une école primaire.
  2. Libraire et inscrite à des leçons de yoga.
  3. Active dans le mouvement féministe.
  4. Travailleuse sociale en milieu psychiatrique.
  5. Membre de la ligue des électrices.
  6. Guichetière dans une banque.
  7. Vendeuse d’assurances.
  8. Guichetière dans une banque et active dans le mouvement féministe.

89% des personnes choisissent la réponse 8 alors que les propositions 3 et 6 sont statistiquement plus probables.

  • Ancrage : notre tendance à se faire une idée sur une première impression. Par exemple en formulant une question qui contient déjà une estimation, les réponses tournent autour de ce même chiffre.
  • Framing (Cadrage) : avec en plus une aversion au risque, on va préferer une formulation qui sauve des vies plutôt que celle qui présente le même risque mais avec un nombre de morts on va risquer la solution la plus risquée
  • Halo: Quand un accident d’avion survient, les gens surestiment le risque associé à ce moyen de transport car on entend beaucoup parler etc. C’est une des raisons pour lesquelles je lis moins les quotidiens que les magazines. Le phénomène « long reads » est aussi je pense une réaction à cet effet. Voir aussi le journal en ligne Salon qui publie 30 % moins d’articles par mois mais voit son trafic augmenter de 40%

Il y a un petit côté anecdotique dans ces descriptions, mais cela ne sont que quelques exemples de biais cognitifs auquel nous sommes tous plus ou moins coupables. D’autres chapitres sont aussi intéressants comme sur le succès des PDG que nous surestimons, des qualités de voyants des experts de la finances (quasi-nulles).

Une dernière anecdote mais qui illustre bien je trouve la difficulté à raisonner : on dit souvent que les gens en Californie sont plus heureux ? Pourquoi ? A cause du soleil on va répondre souvent alors que les Californiens eux ne citent pas le climat. On préfère se focaliser sur un détail plutôt que de développer une explication complexe.

Ma conclusion : réfléchir prend du temps, on dispose d’un temps relativement court pour analyser des situations au quotidien (« decision fatigue »), il faut être conscient de son aversion au risque. La persévérance et la chance ont beaucoup de place dans le succès de ce qu’on entreprend.

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Oratoire Saint-Joseph



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Les villes

Je viens de regarder “Urbanized” un documentaire sur le design et l’urbanisation des villes. Il est très bien produit, et les passages sur Bogota et Cape Town sont intéressants car ils mettent en avant des solutions innovantes sur le problème de la sécurité et la mixité sociale. Par contre il souffre d’un défaut: il ne défait pas du cliché grande ville = problème pour l’environnement. Le passage sur New York est assez parlant des effets pervers d’une politique urbaine. On veut “protéger” le cadre de vie de certains en limitant la hauteur des habitations. On se moque doucement des villes comme Phoenix qui représente ces constructions urbaines sans âme. C’est à ce moment-là qu’un économiste aurait son (bon) mot à dire. Ne cherchez pas plus loin que le livre de Edward Glaeser, “Triumph of the City: How Our Greatest Invention Makes Us Richer, Smarter, Greener, Healthier, and Happier

Si les gens ont fui New-York pour sa banlieue ou pire l’Arizona, c’est à cause d’une pression des prix trop grande. C’est le même phénomène qui est arrivé en Californie où les restrictions sur la construction sont poussées par les même lobbys qui se lamentent des effets de la voiture. On ne peut en même temps combattre la pollution et envoyer les gens habiter de plus en plus loin de leur lieux de travail. Ce ne sont pas que les pays développés qui voient à l’œuvre ce phénomène: Mumbai est plus chère que Singapore. Les politiques comme celle de l’ancien maire de Londres Livingstone (avec la mise en place d’un droit d’entrée dans le centre-ville) est une bonne mesure mais cela ne l’a pas empêché de laisser se construire de grands ensembles urbains.

PS: un autre article intéressant sur les parkings et pourquoi les parkings gratuits sont mauvais pour les habitants.

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Parc Laurier



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